Chronique
L'importance d'écouter véritablement
par et Renaud
,,L'enfant a besoin de savoir que son parent est " là pour lui ". En fait, il doit avoir l'assurance que son parent veille sur lui lorsqu'il est malade ou qu'il est confronté à des difficultés. Il doit aussi obtenir la certitude qu'il pourra compter sur la présence de son parent au moment où il souhaitera confier ses joies et ses peines. Il a besoin d'être écouté et compris pour se sentir aimé et reconnu. Être indifférent à ce qu,il vit, est une des impressions les plus cruelles que l'on puisse démontrer à un enfant.
Le premier moyen de combler ce besoin de compassion consistera à lui démontrer qu'il peut compter sur ma " présence à lui ", ma " dévotion envers lui. " D'abord, ma présence physique, mon attention à ce qu'il vit, et ma présence réconfortante par empathie envers sa difficulté, son épreuve. S'il ne ressent pas ma disponibilité, il croira que je ne lui porte aucun intérêt, que je suis indifférent à lui, comme:
- Pour le petit: un bobo ou une chicane avec un ami.
- Pour un ado: une peine d'amour ou un problème scolaire.
Il est tragique pour un enfant de ne pas être entendu, de ne pas voir ses peines reconnues selon l'importance qu'il leur accorde. Le meilleur exemple de cela, c'est celui de l,enfant qui se blesse ou est malade. Souvent, on lui dira: " Ce n'est pas grave, ne pleure pas, c'est déjà passé. " Ce type d'intervention frustre l'enfant, le mettent en colère et le font pleurer encore davantage. Vous êtes irrité et l'enfant aussi. Pour lui, sa blessure est grave et le fait qu'on ne le reconnaisse pas le bouleverse.
Par contre, en reconnaissant que la petite éraflure de l'enfant lui fait mal, selon sa propre perception de la gravité de sa blessure, l'enfant sera soulagé qu'on ait reconnu son mal. Se sentant compris, il repartira confiant. Il reçoit comme message: " Je t'aime, je reconnais ce que tu vis, je te comprends. " Il n'a plus é perdre d'énergie é me prouver qu'il a mal en continuant à pleurer.
Voici un cas pathétique illustrant ce phénomène:
Une fillette et sa mère se trouvaient dans la salle d'attente d'une clinique médicale. La petite pleurait, exprimant à sa mère à quel point elle avait mal. " Ce n'est pas si grave, n'en mets pas tant! " disait la mère. Cesse de pleurer tout de suite, les gens sont fatigués de t'entendre. "
Certains parents somment sévèrement leurs enfants d'arrêter de pleurer. Il s'agit là de l'une des pires tragédies qu'un enfant puisse vivre. Toute souffrance a le droit d'être exprimée et entendue. Combien de blessures n'ont pu cicatriser parce qu'on a empêché l'enfant de pleurer. Tout ce qui ne peut s'exprimer s'imprime. Aussi ces frustrations, blocages des émotions non exprimées, finissent-ils par ressortir au moyen d'un autre langage: celui des maux. Au contraire, quand l'enfant est écouté véritablement, la paix s'installe en lui.
Par ailleurs, si une émotion n'est pas écoutée, est dévalorisée ou estompée, l'enfant en arrive à ne plus exprimer ses difficultés, qu'il croit maintenant sans valeur.
Ce qui nous amène à notre deuxième moyen de combler ce besoin d'avoir la compassion du parent. Lorsque l'enfant vit une peine, une difficulté, il a surtout besoin d'exprimer ce qu'il vit. Il doit savoir qu'il peut compter sur l'ouverture inconditionnelle de son parent, qu'il peut tout exprimer sans craindre d'être jugé. Mon écoute compatissante lui permettra de partager ce qu'il vit pour ainsi mieux se connaître.
Il a besoin d'obtenir l'assurance que mon accueil sera toujours chaleureux, respectueux et compréhensif, peu importe ce qu'il fait ou ce qu'il dit:
- Il a été puni à la garderie ou à l'école;
- Il a volé ou menti;
- Il est inquiet face à un examen important;
- Il vit une peine d'amour.
Voici un exemple démontrant l'attitude juste (compatissante) face à de telles révélations de l'enfant:
Sébastien arrive de l'école, déçu. Il trouve injuste que le professeur l'ait puni, et lui seul, pour avoir bavardé avec un copain pendant la classe.
Au lieu de critiquer, de juger:
" La prochaine fois, tu parleras moins!+ ou " Cela ne m'étonne pas, tu n'arrêtes pas de bavarder! ", la mère l'accueille et l'écoute, lui reflétant par la même occasion le sentiment de déception et d'injustice qu'il vit. Remarquez qu'elle ne lui dit pas qu'elle est d'accord et que la réprimande est injuste. Elle ne fait que lui refléter que lui trouve cela injuste.
Pour communiquer, il faut avant tout savoir écouter. Si je parle, je n'écoute pas...Suite à cette écoute, à un autre moment, si je veux influencer mon enfant, parler de mes valeurs par rapport au vol, au mensonge, à l'irrespect ou à la drogue, il me sera plus facile d'obtenir son écoute, s'il s'est lui-même senti écouté. Quand il peut partager ouvertement ce qu'il vit, il développe le sens du partage. On ne peut écouter véritablement l'autre que si on l'accepte inconditionnellement. Sans cela, l'échange et les confidences prennent vite fin.
Extrait du livre Être parent, mode d'emploi, édition Quebecor, auteurs Hélène Renaud et Jean-Pierre Gagné
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